Synergie pédagogique : lorsque le rêve devient réalité!

Le début d’une nouvelle année est souvent synonyme de résolutions à prendre ou d’objectifs à atteindre. Le changement de décennie a suscité en moi une profonde réflexion portant sur les raisons qui poussent certaines personnes à choisir l’enseignement. Quelle est cette force intérieure qui nous incite à vouloir devenir la meilleure enseignante ou le meilleur enseignant qui soit? Est-ce le désir de vouloir faire une différence dans la vie des élèves que nous côtoyons ou cette soif de dépassement de soi? Est-ce ce besoin de prendre des risques ou cette occasion d’entrer en relation d’aide?

Dans mon plus lointain souvenir de petite fille, le monde de l’enseignement représentait pour moi une communauté d’entraide, de partage et de soutien. Malgré les contextes changeants, je constate à quel point les professionnels de l’éducation ont à cœur la réussite et le bien-être de chaque élève. Je ne cesse de m’émerveiller devant l’engagement et l’effet déterminant qu’ont les enseignantes et enseignants dans leur école.

 

Structure d’expertise collaborative

En 2016, Laurie Pageau, dans un article publié sur le site Web RIRE (Réseau d’information pour la réussite éducative), présentait certains éléments des recherches de John Hattie, chercheur australien spécialisé dans les sciences de l’éducation. Selon Hattie, « il semblerait qu’il y ait une plus grande variation observable dans la qualité de l’enseignement fourni au sein d’une même école que dans la variation observable entre les diverses écoles. » Il propose d’établir une « expertise collaborative », soit « l’idée que des enseignants de haut niveau, passionnés et inspirés, travaillent en collaboration avec des dirigeants qui guideraient leurs expertises pour avoir plus d’impact possible sur les apprenants. » Est-ce un rêve ou une réalité dans nos conseils scolaires respectifs? Sommes-nous témoins de tels phénomènes?

« Il semblerait qu’il y ait une plus grande variation observable dans la qualité de l’enseignement fourni au sein d’une même école que dans la variation observable entre les diverses écoles. »

HATTIE, J. (2015). What Works Best in Education: The Politics of Collaborative Expertise (Always Learning), Londres, Pearson, cité dans PAGEAU, Laurie (2016). « L’expertise collaborative selon John Hattie », Réseau d’information pour la réussite éducative, Québec, Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec.

 

On voit de plus en plus de collègues qui s’accueillent et se reçoivent à bras ouverts dans leur salle de classe, le cœur léger et la tête remplie d’idées. Ces professionnels dévoués se donnent comme principale mission d’instaurer un climat favorisant la motivation, la curiosité et l’engagement des élèves. Tel que nous le rappelle le document Je m’engage, tu t’engages, « le développement global ainsi que la réussite scolaire de chaque élève dépendent de l’équilibre entre les trois types d’engagements », soit l’engagement social, l’engagement scolaire et l’engagement intellectuel (CENTRE FRANCO-ONTARIEN DE RESSOURCES PÉDAGOGIQUES, 2019). Cela se voit, s’entend et se ressent… tout est mis en place afin que chaque enfant s’engage à viser la réussite… sa réussite. Quels sont les comportements observables chez l’élève de cet engagement? L’élève qui « s’entreprend », qui développe ses compétences globales et ses habiletés, qui s’inspire et qui inspire ses camarades ainsi que les membres de sa communauté scolaire.

« Le développement global ainsi que la réussite scolaire de chaque élève dépendent de l’équilibre entre les trois types d’engagements », soit l’engagement social, l’engagement scolaire et l’engagement intellectuel.

CENTRE FRANCO-ONTARIEN DE RESSOURCES PÉDAGOGIQUES (2019). Je m’engage, tu t’engages – L’élève au cœur de sa réussite, Ottawa, Éditions CFORP, p. 11.

 

À l’unisson, on peut clamer que c’est bel et bien une réalité qu’entre collègues on sait s’inspirer, faire part des réussites, collaborer pour explorer les meilleures pratiques et bâtir une efficacité collective. C’est dans la simplicité que se forment les plus beaux exemples de collaboration : des rencontres dans le cadre de porte d’une salle de classe, des discussions pendant les pauses, des échanges après les heures d’école et même des matinées de planification pendant l’été. Dans son livre, The Innovator’s Mindset (2015), George Couros nous rappelle que « [l]’innovation et le contentement fleurissent lorsque les enseignantes et enseignants collaborent afin d’apprendre et de mettre en pratique de nouvelles stratégies. L’isolement est souvent l’ennemi de l’innovation. » (traduction libre)

COUROS, G. (2015). The Innovator’s Mindset: Empower Learning, Unleash Talent, and Lead a Culture of Creativity, San Diego, Dave Burgess Consulting, Inc.

C’est dans la simplicité que se forment les plus beaux exemples de collaboration : des rencontres dans le cadre de porte d’une salle de classe, des discussions pendant les pauses, des échanges après les heures d’école et même des matinées de planification pendant l’été.

 

La créativité au rendez-vous

La créativité est aussi au rendez-vous lorsqu’on veut aider tous les élèves. L’émergence de duos de co-enseignantes et de co-enseignants est un excellent exemple de cette collaboration. Deux enseignantes ou deux enseignants, deux groupes, un seul groupe‑classe, un seul but : collaborer pour mieux répondre aux besoins des élèves.

Dans certaines écoles, le décloisonnement est de plus en plus populaire. Cette forme de collaboration novatrice permet d’exploiter les forces de l’équipe tout en respectant le rythme de chaque élève. Ce désir de bâtir l’efficacité collective a donné naissance à la charte de l’ananas, outil de collaboration simple et efficace qui contribue à bâtir la capacité collective des écoles ainsi qu’à briser l’isolement. De plus, les occasions de réseautage se multiplient grâce à Twitter, à Facebook et aux balados. Les enseignantes et enseignants tendent la main à leurs collègues grâce à la technologie. Ce qui anime cette collaboration est le désir profond de guider les élèves vers la réussite et le bien-être.

Pour la nouvelle année, quels souhaits avez-vous formulés qui pourraient inspirer vos collègues?

En ce début d’année 2020, je nous souhaite plus que tout de nous ouvrir aux autres, au monde et aux possibilités incroyables que nous offre l’enseignement. Poursuivons ensemble cette quête de vouloir changer le monde, un enfant à la fois. C’est bel et bien la réalité de ce que l’on vit actuellement en éducation : des professionnels qui s’appuient et qui co‑apprennent toujours en vue de poursuivre leur cheminement dans cet esprit de mentalité de croissance et de surpassement de soi. Je suis fière de pratiquer cette belle profession!

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Écrit par

Sylvie occupe le poste de directrice des services pédagogiques pour le CSDCEO depuis maintenant 4 ans. Animée par une soif d'apprendre et passionnée par tout ce qui touche l'engagement de l'élève, elle place sa passion pour l'innovation, la créativité et l'entrepreneuriat au service de l'apprentissage.

Dans sa classe laboratoire en apprentissage par l’enquête, Élaine Lucas a accueilli de nombreux collègues francophones provinciaux, nationaux et internationaux. Elle a participé à la rédaction de documents et référentiels. Conseillère pédagogique, elle travaille au développement de la pédagogie entrepreneuriale. Dans son travail, elle appuie les équipes-écoles dans l’élaboration de projets communautaires misant sur les partenariats et par l’intégration des compétences globales à travers des tâches authentiques.

Carolle Léger agit à titre de conseillère pédagogique pour le CSDCEO depuis 2 ans. Elle fait également partie de l’équipe TacTIC du Centre franco. Elle est passionnée par tout ce qui touche l'apprentissage de la lecture et de l'écriture par la littérature jeunesse ainsi que par l'entrepreneuriat qui place l'élève au centre de son apprentissage.

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