Les environnements d’apprentissage immersifs

Apprendre avec son corps

Une élève fait tourner une « baguette » au dessus de sa tête. Au sol, elle voit le tracé de son mouvement, et obtient en temps réel des renseignements sur sa vélocité. Ce faisant, elle fait également l’expérience « dans son corps » de ce qu’est la force centrifuge.

La scène se passe à SMALLab, un environnement immersif développé par une équipe pluridisciplinaire de l’Arizona State University’s School of Arts, Media and Engineering. L’environnement utilise la technologie Kinect, et permet de suivre avec précision le mouvement d’objets dans l’espace. Les objets en question peuvent varier à l’infini : il suffit de les équiper avec d’un capteur (sensor).

De nombreux scénarios pédagogiques sont ainsi offerts aux élèves de tous âges : longueur d’onde, techniques de titrage, transmission de maladies

Apprentissage incarné

Ce type d’apprentissage engageant de manière intégrée différentes modalités du corps – visuelle, auditive et kinesthésique – est appelé « apprentissage incarné » (embodied learning), et les recherches en éducation attestent de sa grande efficacité.

Ceci ne devrait pas nous surprendre : dans sa psychologie du développement, Piaget décrit l’émergence des habiletés cognitives à partir des activités sensorimotrices; l’ontogenèse atteste que la cognition humaine est incarnée (embodied). Nos processus cognitifs sont profondément ancrés, et naissent des interactions de notre corps avec notre environnement physique (Wilson, 2002).

Pourtant, l’éducation se fait largement par l’intermédiaire de symboles – que ce soit par le langage des mots ou celui des mathématiques. « Si la compréhension de ces symboles n’est pas ancrée dans autre chose que ce système de symboles, il est difficile pour de nombreux élèves de réellement comprendre le sens du contenu ». (Johnson-Glenberg, 2012)

Les environnements immersifs ne sont pas encore répandus dans les écoles – même si la technologie existe et n’est pas très onéreuse. Mais lorsqu’on utilise l’ordinateur ou la tablette, certains mouvements, tout modestes qu’ils soient, peuvent appuyer un apprentissage incarné : les mouvements de souris permettent-ils de renforcer la notion à intégrer? Tire-t-on parti de la fonction d’inclinaison incluse dans la tablette?

En attendant que les dispositifs d’environnement immersif deviennent partie prenante de la salle de classe…

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Après avoir été enseignante pendant plusieurs années, je suis conceptrice pédagogique au CFORP : je crée des concepts de ressources interactives, des scénarios de vidéos d’animation, des concepts de jeux sérieux, etc. Les profonds changements que connaît le milieu éducatif actuel me poussent à un questionnement de fond : « Comment apprenons-nous? » et « Pourquoi apprenons-nous ? ». Les avancées de la recherche en sciences cognitives, ainsi que les nouvelles tendances qui se dessinent en éducation, nourrissent ma réflexion. Mon blogue en est le reflet. Twitter : @EmmanuelleEN

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